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La masse graisseuse d'un enfant évolue tout au long de sa croissance. Si elle est en excès, on parle d'obésité infantile. Comment la déceler, la comprendre et la vaincre ? On vous dit tout !

Déceler l'obésité infantile

Obésité infantile et courbe de croissance

Contrairement à la prévalence de l'obésité chez l'adulte qui ne cesse de progresser, l'obésité infantile stagne depuis une vingtaine d'années dans la majeure partie des pays développés (mais elle augmente dans ceux en voie de développement). Or, pour déceler l'obésité infantile, l'IMC n'est pas toujours révélateur même si on considère que le suivi de la corpulence doit se faire sur la courbe d’IMC, et non sur celle du poids.

Pour savoir si un enfant est en surpoids ou obèse, il faut se référer aux courbes de croissance présentes dans le carnet de santé, sachant que ces courbes de croissance ne sont pas les mêmes pour les filles et les garçons.

Le percentile

Pour dépister l'obésité infantile, les médecins et pédiatres peuvent calculer le percentile d'un enfant. Le percentile est la position d'un enfant par rapport aux autres enfants du même âge et de même sexe.

  • Si un enfant se situe en deçà du 5e percentile, il est en sous poids.
  • Si un enfant se situe entre le 5e et le 85e percentile, il a un poids forme.
  • Si un enfant se situe entre le 85e et le 95e percentile, il est en surpoids.
  • Si un enfant se situe au-delà du 95e percentile, on parle d'obésité infantile.

Comprendre l'obésité infantile

Origines de l'obésité infantile

L'obésité chez l'enfant n'est pas la même maladie que chez l'adulte. Il s'agit de deux situations différentes puisque chez l'enfant, le rôle de la génétique est prépondérant.

On a longtemps estimé que l'obésité infantile était majoritairement due à :

  • un manque d'exercice, trop de temps passé derrière les écrans ;
  • une alimentation inadaptée à l'âge et aux besoins de l'enfant ;
  • de mauvaises habitudes familiales.

Mais en réalité, une étude menée chez plus de 200 000 jumeaux a montré quel effet de l'environnement était quasi nul à partir de 9 ans et que les facteurs génétiques prédominaient toute la vie, bien que leur influence diminue avec l'âge.

Ainsi, comme l'a indiqué le Dr Marc Bellaiche lors du point presse des JFHOD (journées francophones d’hépatogastroentérologie et d’oncologie digestives) 2019, « la majorité des enfants n'ont aucun risque de devenir obèse, quelle que soit leur alimentation, quel que soit le niveau de leur activité physique. Quant aux enfants obèses, ils sont programmés pour avoir un poids excessif ».

Les conséquences de l'obésité infantile

Les conséquences de l'obésité infantile sont les mêmes que pour l'obésité chez l'adulte. Toutefois, les complications somatiques graves sont très rares chez l'enfant obèse.

Un enfant obèse ne développe :

  • un diabète quedans 5 ‰ des cas ;
  • une stéatohépatite sévère que dans 3 ‰ des cas ;
  • de l'arthrose (une lyse de la tête fémorale) que dans 4 ‰ des cas ;
  • des maladies cardiovasculaires (une HTA nécessitant un traitement) dans 3 ‰ des cas.

On retrouve aussi une augmentation du risque de carence martiale (anémie par manque de fer) chez les enfants de un à trois ans dont les indices de masse corporelle sont les plus élevés. Cela pourrait être dû à l'augmentation de synthèse de l’hepcidine, une cytokine pro-inflammatoire produite par le foie et le tissu adipeux, qui contribuerait à réduire la charge en fer.

En revanche, tous ces risques sont réels à l'âge adulte si l'obésité n'a pas été corrigée dans l'enfance. Or, il apparaît que si l'obésité infantile n'est pas prise en charge avant les 8 ans de l'enfant, ce dernier a 75 % de chance d'être obèse à l'âge adulte.

Contrairement à l'adulte, les complications de l'obésité infantile sont principalement psychosociales.

Vaincre l'obésité infantile

Vaincre l'obésité infantile est plus facile que vaincre l'obésité chez l'adulte. Chez l'enfant, le régime est proscrit.

On sait aujourd'hui que la prévention éducationnelle de l'obésité de l'enfant est inefficace, de même que la prévention de l'obésité dans les familles défavorisées. La prévention précoce pourrait même conduire à des effets paradoxaux de prise de poids (source : Taylor et coll. Am J Clin Nutr 2018).

Pour vaincre l'obésité infantile, il faut davantage se concentrer sur l'amélioration de la qualité de vie immédiate sans se préoccuper de l'avenir : avant de faire maigrir un enfant obèse, il faut déjà lui permettre de se sentir mieux dans sa peau.

Un enfant ne doit pas perdre de poids, mais maintenir son poids. Sa silhouette s'affinera au fil de sa croissance et sa masse graisseuse diminuera. De plus, il faut savoir attendre que sa motivation soit suffisante pour, plus tard, supporter les contraintes d'un régime.

Si la prise en charge de l'obésité infantile est impossible dans son environnement familial, il sera proposé à l'enfant de s'éloigner de sa famille et de partir dans un centre pour obèses.