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Lorsqu'une prise en charge médicale ne s'est pas avérée suffisante pour perdre du poids et que les kilos en trop représentent une menace pour la santé du patient, le recours à une chirurgie de l'obésité s'impose. Aux côtés du by-pass ou de la pose d'un anneau gastrique, une nouvelle méthode est de plus en plus pratiquée dans les hôpitaux : la sleeve gastrectomie. En termes d'efficacité de perte de poids, elle est supérieure à l'anneau gastrique mais inférieure au by-pass.

Le point maintenant.

Sleeve gastrectomie : qu'est-ce que c'est ?

La sleeve gastrectomie une technique récente de chirurgie de l'obésité destinée à faire perdre du poids à des patients obèses. Elle consiste à retirer une partie importante de l'estomac (les deux tiers environ) pour ne laisser qu'un manchon (« sleeve » en anglais) ; la plaie est fermée par des agrafes.

Cette intervention permet la perte de poids par deux mécanismes :

  • Comme la poche de l'estomac est de petite taille, la sensation de satiété est rapidement atteinte.
  • Lors du retrait d'une partie de l'estomac, une région particulière, le fundus, est éliminée. Or c'est la principale responsable de la sécrétion de ghréline, l'hormone qui déclenche le signal de la faim. La quantité de cette substance dans l'organisme est ainsi fortement réduite.

La sleeve gastrectomie n'est envisagée qu'après l'échec d'une prise en charge médicale du surpoids, et parfois après une première tentative chirurgicale. Elle permet une perte de poids rapide et durable dans la plupart des cas.

Sleeve gastrectomie : pour quels patients ?

Le recours à cette chirurgie concerne les patients atteints d'obésité morbide, avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40. Elle peut néanmoins être pratiquée chez des personnes dont l'IMC est situé entre 35 et 40, mais qui présentent des facteurs de risques (comme un diabète de type 2).

Elle est bien adaptée en cas d'hyperphagie, c'est-à-dire lorsqu'on consomme de quantités importantes de nourriture au cours d'un repas, moins lorsque les kilos se sont accumulés suite à de nombreux grignotages.

Déroulement d'une sleeve gastrectomie

Cette opération se déroule à l’hôpital ou en clinique, et le séjour dure généralement de 3 à 5 jours.

  • Le patient est endormi au cours de l'intervention.
  • L'intervention se déroule par cœlioscopie : les instruments chirurgicaux et une caméra sont introduits dans la cavité abdominale par de petites incisions.
  • Un guide est inséré par la bouche et dirigé jusqu'à l'estomac, afin que le chirurgien dispose d'un repère pour effectuer la réduction de taille.

Après un passage en salle de réveil, le patient regagne sa chambre. Il pourra recommencer à s'alimenter après un examen permettant de s'assurer de l'étanchéité du manchon de l'estomac. Cette observation du transit œso-gastro-duodénal nécessite de boire un produit de contraste opaque aux rayons X pour visualiser cette partie du tube digestif et détecter une éventuelle « fuite » grâce à la prise de clichés radiologiques.

Risques d'une sleeve gastrectomie

Risques liés à l'opération

La sleeve gastrectomie présente des risques spécifiques qu'il faut prendre en compte :

  • Un risque de fistule : celle-ci entraîne une fuite du liquide contenu dans l'estomac, lorsque la paroi de l'estomac agrafée cicatrise mal et qu'elle n'est pas étanche. Cela concerne de 3 à 5 % des patients opérés et plus fréquemment lorsqu'ils présentent un IMC supérieur à 50. Une nouvelle opération est alors inévitable.
  • Un risque d'hémorragie : celle-ci peut se produire au niveau de la zone agrafée ou des structures avoisinantes (la rate par exemple).
  • Un risque de rétrécissement (sténose) de la portion restante de l'estomac : ce phénomène se traduit par des vomissements.
  • Un risque d'apparition d'un reflux gastro-œsophagien : chez 1 patient sur 5, la sleeve gastrectomie provoque un reflux gastro-œsophagien, qui tend à s’améliorer au fil du temps.

Risques de carences alimentaires

Bien que les risques de carences alimentaires soient plus rares avec cette méthode, les difficultés à s'alimenter peuvent créer des déséquilibres d'apports, comme une anémie par exemple. Les patients sont étroitement suivis après l'intervention.

Risque d'échec

Si toutes les personnes opérées perdent rapidement du poids après l'intervention, les médecins notent un taux de 20 à 25 % d'échec au bout de quelques années. En effet, si les mesures diététiques ne sont pas suivies dans le temps, une reprise de poids progressive peut effectivement se produire.

De manière générale, on observe une perte de poids moyenne de 19 % à 5 ans, les patients ayant tendance à regagner environ 8 kg.