Quel lien entre hérédité et obésité ?

Sommaire

L’obésité se définit comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle pouvant nuire à la santé. C’est aussi un facteur de risque pour des maladies chroniques comme le diabète, certains cancers, l’arthrose ou encore les maladies cardiovasculaires.

Le mode de vie (alimentation, inactivité physique) joue un rôle majeur dans le développement de l’obésité mais il existe aussi une part génétique : chacun a une susceptibilité génétique individuelle.

Le point dans notre astuce.

Origines multi-factorielles de l'obésité

L’obésité est due à un déséquilibre entre les calories consommées et les calories dépensées. S’il est clair que la génétique détermine une susceptibilité individuelle à l’obésité, de nombreux facteurs peuvent être à l’origine de son développement : 

  • 70 % des personnes obèses ont un parent obèse ;
  • une alimentation trop riche (trop grasse, trop sucrée, trop salée) en trop grande quantité ;
  • une activité physique absente ou insuffisante ;
  • divers troubles psychologiques comme le stress, la détresse et le comportement alimentaire compulsif.

Rôle des gènes dans l'obésité

L’apparition de l’obésité serait à 70 % héréditaire. Il existe des gènes qui sont associés à un risque accru d’obésité. Voilà pourquoi on ne perd pas tous le même poids avec un régime alimentaire et une activité physique identique, ou pourquoi certains d’entre nous doivent fournir plus d’effort pour maigrir que d’autres.

Les facteurs génétiques de l'obésité ont été démontrés par le fait que :

  • lorsqu'il existe une concentration d'obésité dans une même famille, le risque de devenir obèse est deux à huit plus élevé que dans une famille sans prédisposition ;
  • il y a un taux élevé de concordances chez les jumeaux monozygotes obèses : l'effet de l'environnement est quasi nul à partir de 9 ans et les facteurs génétiques prédominent toute la vie, même si leur influence diminue avec l'âge (sources : Silventoinen et coll. Am J Clin Nutr 2016 et Silventoinen et coll. Am J Clin Nutr 2017) ;
  • des études ont démontré qu'il existait des gènes associés à l'obésité.

La présence de gènes de prédisposition à l’obésité implique que :

  • quel que soit notre mode de vie, nous n’allons pas tous devenir obèses, certains sont protégés par leur patrimoine génétique et ne seront jamais obèses ;
  • l’activité physique intense et l’alimentation saine peuvent diminuer l’impact des gènes et contrebalancer la loterie génétique ;
  • le contrôle de la sensation de faim ou de satiété au niveau du cerveau, ont un rôle dans l'activité du muscle ou encore dans le développement du tissu adipeux (stockage des graisses).

Lors du point presse des JFHOD (journées francophones d’hépatogastroentérologie et d’oncologie digestives) 2019, le Dr Marc Bellaiche a indiqué que « la majorité des enfants n'ont aucun risque de devenir obèse, quelle que soit leur alimentation, quel que soit le niveau de leur activité physique. Quant aux enfants obèses, ils sont programmés pour avoir un poids excessif ».

Hérédité et obésité... pas seulement !

La combinaison du milieu obésogène et d'une terrain génétique favorable favorise le développement de l'obésité, mais cela n’exclue pas qu'il est possible de devenir obèse sans prédisposition génétique.

Des facteurs sociétaux peuvent aussi favoriser le développement de l’obésité comme :

  • les traditions culinaires ;
  • le cycle saisonnier du travail ;
  • l'hygiène de vie dans l’entourage (familial ou amical) ;
  • le faible niveau socio-économique ;
  • et la mauvaise connaissance des aliments à privilégier et de ceux à bannir.

Pour aller plus loin :